La photo-souvenir, monument de l'histoire privée | L'Atelier des icônes - 0 views
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hubert guillaud on 26 Mar 13André Gunthert livre un vibrante défense de la photo-souvenir (et notamment de la photo au musée). Après avoir rappelé l'indigence dans laquelle elle a longtemps été tenue par les chercheurs, il souligne que le geste documentaire du visiteur n'est jamais irréfléchi, il marque le plus souvent le point culminant de son intérêt. Plus qu'un écran face à l'oeuvre, la photo est une marque d'attention. L'enregistrement visuel est aussi un moyen de gestion de sa visite, un moyen de mobiliser une ressource documentaire personnelle, un outil d'appropriation. Son appropriation personnelle s'inscrit également culturellement dans l'expérience touristique, une expérience éminemment collective. Enfin, elle fournit un témoignage de présence, un enregistrement symbolique, qui permet de restituer un effet de présence à la manière d'une relique. La photographie est devenue l'outil indispensable de l'inscription et du partage de l'histoire privée. Voir la photo au musée comme une nuisance est donc un parfait contresens. "Refuser aux visiteurs d'aimer les oeuvres à leur manière est un acte d'une grande brutalité et un insupportable paradoxe au regard de la destination du projet muséal ou des missions de service public."